Publié dans Pensée du jour

Quête courtisanne

Elle-     « J’aimerai que tu me revendique ».

Lui       « Oh ! En voilà une révolution ! Je ne comprends ce qui soudain t’habite. Ta fièvre m’inquiètes un peu…Racontes-moi… »

Elle –    « Ne sais-tu pas que des hommes, ignares de ma tendre dévotion pour toi, me courtisent sans relâche. On me convoite, on me murmure, on m’ennoblie de milles finesses. Quelle effronterie alors que le printemps affiche à peine son timide bourgeon de puberté? »

Lui–       « Ah bon? Ne devrais-tu pas t’en trouvé flattée ? Tu es belle, intelligente, sensible…J’ai tant de mal à y résister moi-même. »

Elle-     « Silence !! Il est si terrible d’entendre la victoire de tes gestes retenus alors que je supplie, je mendie leurs défaites.  Maudit sois les barrages qui retiennent tes torrents… »

Lui-       (feignant de ne pas avoir entendu sa réponse)-  Je ne puis rien te donner, rien de te promettre, rien t’offrir. Tu le sais et pourtant, tu t’abreuves à notre source connaissant les effets de son poison.  Que souhaites-tu de moi?

Elle –     Je ne te mendie pas.  Je te demande d’admirer les éclats de mon asservissement. Délecte-toi de la jouissance de mon corps cloîtré sous son écorce abstinente.  Ma sève n’exultera que lorsqu’elle humectera enfin tes lèvres.

Lui-       Je devrais m’émouvoir  sans doute ? Pourtant, le supplice que tu t’infliges m’attriste.  Je te souhaite comblée…Ne pourrais-tu pas te laisser cueillir un peu par une main autre que la mienne?

Elle      – NON! Je t’en supplie,  tais-toi!  Si tu savais comme ces conquêtes m’offensent avec leurs vains mots de ferveur, leurs odes poétiques et leurs allégories empesées.  Je voudrais leur donner l’ordre de s’incliner devant la grandiloquence d’un adversaire aussi sublime que toi.  Allez, retournez chez vous et soyez heureux d’avoir pu respirer un peu de ma présence!

Lui-       – J’aime quand tu déchaînes tes passions ! Mais, pourquoi donc devrais-je te revendiquer alors que tu le fais si bien toi-même?  Ne conviens-tu pas que quiconque désirant t’approcher  risque de s’effondrer sous le glacial de ton regard?  Ne vois-tu pas comme ils sont  malheureux d’être défaits avoir d’avoir même combattu!  Abaisse donc tes armes ma tendre amie…Laisse-les te goûter un peu puisqu’ils en ont la liberté.

Elle-     Cruel!! Tu te joints donc à l’ennemi.  Comment peux-tu envisager que mon corps soit souillé, blasphémé, par d’autres baisers que les tiens?

Lui-       J’envie tant ces hommes qui aspirent à toucher ta douceur.  Je n’aurai qu’à t’aimer par procuration pour consentir à la cruauté ressentie lorsque leurs bouches maladroites effleureront la fleur humide de ton jardin. Je garderai précieusement tes images près de moi. Il me restera au moins ça de ta chaleur.

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Auteur :

Agente de communication freelance, Journaliste 2.0, www.julievigneault.com

Un commentaire sur « Quête courtisanne »

  1. Effectivement, il te servirait à rien de mendier ce que tu peux obtenir la tête haute. Et je les envie aussi ces hommes qui aspirent à toi. Jolies tournures de phrases !

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